Limiter les perturbateurs endocriniens : les premiers pas à faire chez soi

29/1/2026
Santé féminine
Rédigé par Alexandra Tijoux

On en entend de plus en plus parler, parfois avec des messages anxiogènes : les perturbateurs endocriniens seraient partout et impossibles à éviter. Résultat ? Beaucoup de personnes se sentent dépassées, culpabilisées ou finissent par ne rien changer du tout.

Pourtant, il est possible d’agir progressivement, avec des gestes simples et réalistes, sans chercher la perfection. (Pour ceux qui me connaissent bien, rappelez-vous qu'il vaut toujours mieux quelque chose de fait que de parfait !) Comprendre ce que sont les perturbateurs endocriniens et comment ils agissent permet déjà de faire des choix plus éclairés, en particulier lorsqu’on est concernée par des problématiques de santé féminine.

Que sont les perturbateurs endocriniens ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques capables d’interférer avec notre système hormonal. Ils peuvent imiter certaines hormones, bloquer leur action ou perturber leur production et leur élimination.

On les retrouve dans de nombreux objets du quotidien : contenants alimentaires, cosmétiques, produits ménagers, textiles, pesticides, etc. L’exposition se fait le plus souvent à faibles doses mais de manière répétée, ce qui explique pourquoi leurs effets sont aujourd’hui largement étudiés.

Le système hormonal étant particulièrement sensible, surtout chez les femmes, ces expositions chroniques peuvent avoir des conséquences à long terme.

Quels impacts sur la santé au quotidien ?

Les hormones jouent un rôle central dans de nombreuses fonctions : cycle menstruel, fertilité, métabolisme, digestion, humeur, sommeil, inflammation… Lorsque leur équilibre est perturbé, les répercussions peuvent être multiples.

On observe notamment des liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et :

  • des troubles du cycle menstruel,
  • une amplification de certaines pathologies gynécologiques,
  • des troubles métaboliques (résistance à l’insuline, prise de poids),
  • une inflammation chronique,
  • ou encore une sensibilité digestive accrue.

Il est important de rappeler que les perturbateurs endocriniens ne sont pas la cause unique de ces troubles, mais ils peuvent constituer un facteur aggravant, surtout lorsque le terrain est déjà fragile.

Pourquoi être encore plus vigilant en cas de pathologie féminine ?

Chez les femmes vivant avec une pathologie hormonodépendante ou inflammatoire, comme l’endométriose, le SOPK ou certains troubles métaboliques, le système hormonal est déjà sollicité de manière importante. Dans ces situations, l’exposition répétée aux perturbateurs endocriniens peut :

  • renforcer l’inflammation,
  • accentuer les déséquilibres hormonaux,
  • rendre les symptômes plus difficiles à stabiliser,
  • et compliquer la prise en charge globale.

Limiter cette exposition fait donc partie d’une approche globale de la santé, au même titre que l’alimentation, la gestion du stress, de l'activité physique ou du sommeil. L’objectif n’est pas d’éliminer toute exposition, ce qui est irréaliste et amènerait beaucoup de pression, mais de réduire ce qui est modifiable, petit pas par petit pas.

Par où commencer, concrètement ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de tout changer d’un coup. Quelques ajustements ciblés peuvent déjà faire une réelle différence.

Dans la cuisine :
  • Remplacer progressivement les contenants en plastique par du verre ou de l’inox, surtout lorsque cela est chauffé ou proche d'une source de chaleur.
  • Éviter de chauffer des aliments dans des boîtes en plastique ou avec du film alimentaire.
  • Privilégier, quand c’est possible, des aliments bruts ou peu transformés.
  • Se tourner vers des végétaux d'origine biologique quand on consomme la peau ou que celle-ci est trop fine.

Dans la salle de bain :

  • Simplifier sa routine cosmétique : moins de produits, mais mieux choisis.
  • Lire les étiquettes et éviter certaines substances connues pour leurs effets hormonaux. (Par exemple, j'utilise l'application Yuka qui permet de mettre en avant ces substances).
  • Se rappeler que “naturel” ne veut pas toujours dire sans risque, et que l’essentiel est la cohérence globale.

Dans l’entretien de la maison :

  • Réduire le nombre de produits ménagers.
  • Privilégier des alternatives simples (vinaigre blanc, savon noir…) quand c’est possible.
  • Aérer quotidiennement son logement pendant au moins une dizaine de minutes.
Sans pression, sans culpabilité

Limiter les perturbateurs endocriniens n’est pas une course à la perfection. Il est inutile, et souvent contre-productif, de vouloir tout contrôler. Le stress généré par une approche trop stricte peut lui-même impacter l’équilibre hormonal.

L’idée est plutôt d’adopter une démarche progressive et durable, en choisissant ce qui est le plus simple à modifier pour soi, ici et maintenant. Chaque petit pas compte.

Alors, prêt.e à te lancer et à faire quelques pas pour ta santé ?

Se faire accompagner pour une approche globale

L’alimentation, la digestion, les hormones et l’environnement sont intimement liés. En consultation, l’objectif n’est pas seulement de parler de ce qu’il y a dans l’assiette, mais de prendre en compte l’ensemble du mode de vie, les contraintes du quotidien et les priorités de chaque personne.

J’accompagne les femmes à chaque étape de leur vie, notamment en cas de troubles digestifs, d’endométriose, de SOPK, de troubles métaboliques ou de relation compliquée à l’alimentation, avec une approche personnalisée, réaliste et bienveillante. Si tu ressens le besoin de faire le point et d’avancer sans te sentir submergée, un accompagnement peut t’aider à y voir plus clair et à mettre en place des changements adaptés à ta situation.